La reconstruction de la cathédrale de Nantes, une aventure humaine et spirituelle

La cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, notre cathédrale, réouvrira le 27 septembre prochain après 5 ans de fermeture. Cette date est la plus proche de celle la dédicace célébrée le 30 septembre.

Le vendredi 23 mai, nous aurons la joie de proposer au Parvis une conférence intitulée « la reconstruction de la cathédrale, une aventure humaine et spirituelle ». Trois intervenants nous partageront leur expérience de cette aventure : Michel Leroy, Mathilde Finot et Thierry Galloyer. Nous avons rencontré deux d’entre eux.

Michel Leroy, la plupart des paroissiens vous connaissent pour avoir été curé de St Pierre de l’Océan jusqu’en 2021, mais aujourd’hui, quelle est votre mission ?

Je suis curé de la paroisse Bienheureux-Célestin-et-Michel-en-Val-de-Cens sur les communes d’Orvault et Sautron et chargé de mission du diocèse pour la reconstruction de la cathédrale.

En quoi consiste votre mission pour la cathédrale ?

Je suis en contact avec les services de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), avec les services du diocèse et tous les acteurs œuvrant dans la cathédrale pour déterminer ensemble ce qui a trait aux éléments à reconstruire, à modifier ou à créer.

Plusieurs groupes ont été créés pour travailler sur des sujets aussi variés que l’orgue, l’électricité ou la verrière occidentale. Les services de l’Etat, le diocèse et des experts y participent. Pour le diocèse, je  ne suis pas seul à participer à ces groupes bien sûr, des référents, experts de chaque domaine ont été mobilisés. Je suis chargé d’assurer la cohérence de l’ensemble, de faire en sorte que l’affectation cultuelle soient reconnue dans toutes ses dimensions.

Vous avez été recteur de la cathédrale, comment vivez-vous cette nouvelle mission ?

Oui, je l’ai été durant 7 ans ce qui m’a permis de connaitre le fonctionnement de la cathédrale. Nous avions déjà mené plusieurs chantiers sur le bâtiment à l’occasion de la création du nouveau chœur liturgique en 2012 – 2013. Mais nous avions aussi travaillé à la refondation de la maitrise de la cathédrale et à un projet sur l’accueil notamment des jeunes dans l’édifice. C’est une continuité.

Quelles relations avez-vous avec les différents intervenant du chantier ?

Depuis les étapes de décontamination, une vingtaine d’entreprises se succèdent sur le chantier. Je suis en relation avec elles notamment lors des réunions de chantier et régulièrement en contact direct avec toutes les personnes qui travaillent dans la cathédrale.

Comment les diocésains sont-ils impliqués dans la reconstruction et la vie de la cathédrale ?

Il est important en effet de faire le lien avec tous.

La cathédrale est celle de tous les chrétiens du diocèse. Elle ne vit que par l’investissement des personnes qui s’impliquent vraiment. Elle a besoin de toutes les bonnes volontés. Jusqu’avant l’incendie, de nombreux bénévoles étaient impliqués et pas seulement des nantais.

Des communications régulières sur le site du diocèse ont été réalisées autour des différentes étapes de travaux. C’est vrai que ceux-ci ont été moins spectaculaires et moins visibles que ceux du chantier de Notre-Dame.

Je suis régulièrement interrogé sur la réouverture de la cathédrale, preuve de l’intérêt que les gens lui portent.

Une dernière question, comment peut-on aider financièrement à la reconstruction de la cathédrale ?

Il est possible bien sûr de faire des dons, ils seront destinés à la reconstruction de l’orgue de tribune entièrement détruit par l’incendie.

 

 

Mathilde Finot, vous êtes responsable du groupe de travail « itinéraire », que se cache-t-il derrière ce mot ?

Avant l’incendie de 2020, c’est environ 400 000 visiteurs qui franchissaient les portes de la cathédrale. Parmi eux, des touristes, des voyageurs d’affaires grâce à la proximité de la gare, des visites guidées organisées avec le Voyage à Nantes mais aussi bien sur des pèlerins, notamment ceux allant vers Saint-Jacques de Compostelle, un public très varié donc. L’objectif du groupe de travail était donc de redéfinir l’accueil et le parcours de visite pour tout type de visiteur.

Quelles ont été les étapes de ce travail ?

La cathédrale est constituée de nombreuses chapelles dont les noms et les œuvres proposées n’avaient pas de logique particulière. Nous avons donc choisi de renommer ces chapelles en mettant en avant des personnalités locales, entre autres missionnaires, et en consacrant par exemple une chapelle aux « saints du quotidien » dont parle le pape François.

En accord avec la DRAC, nous avons aussi remis en place les œuvres, tableaux et sculptures, selon un nouvel ordre, cohérent avec les noms de ces chapelles.

Puis nous avons défini un parcours historique et spirituel à l’intérieur de la cathédrale. Beaucoup de nos visiteurs ne sont pas catholiques. Nous les amenons donc à cheminer à partir du baptistère jusqu’au chœur en leur apportant chaque fois des explications.

La signalétique a été également totalement revue.

(illustration : une nouvelle œuvre dans la cathédrale : Adoration des mages, Mathurin Bonnecamp)

 Aujourd‘hui, beaucoup de monuments se visitent avec nos téléphones, qu’en sera-t-il à la cathédrale ?

Une appli est en cours de fabrication pour suivre ces parcours de visite qui pourront facilement être adaptés aux différents publics ou aux différents temps liturgiques, Noel ou Pâques en particulier. Elle aura aussi l’avantage de pouvoir être traduite dans les langues de nos visiteurs.

Qu’en sera-t-il de l’ »accompagnement humain » ?  

Il y aura bien sûr des personnes pour l’accueil, notamment avec les « amis de la cathédrale ». Comme le dit Michel, la cathédrale est celle de tous les diocésains et nous aurons besoin de bénévoles pour cette mission … Nous allons aussi installer une boutique de souvenirs et objets religieux et il y aura également un accueil pastoral régulier pour répondre aux personnes en quête de quelque chose qu’ils ne nomment pas encore…

Le nombre de places pour la conférence étant limité, il est recommandé de réserver en appelant le 02 40 22 51 23 (à partir du 22 avril).

 

 

Récemment, notre évêque, Laurent Percerou,  a également été interviewé sur Radio Fidélité, retrouvez ses propos en suivant les liens : Cathédrale de Nantes : une restauration titanesque et un chantier qui se poursuit – Radio Fidélité et Réouverture de la cathédrale de Nantes : un programme de festivités exceptionnel – Radio Fidélité

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