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Après 8 années passées à Saint Nazaire, vient le temps du départ. Prêtres, nous accueillons notre mission de l’Eglise par notre évêque. C’est à chaque fois la découverte d’une réalité nouvelle, auprès d’une communauté de foi, comme prêtre diocésain.

La découverte d’une ville et de la vie chrétienne à Saint Nazaire

Même si je connaissais quelques personnes avant de venir, il me fallait entrer dans ce qui fait la richesse des paroisses de St-Nazaire Brière. Comme prêtre diocésain, nous ne postulons jamais pour un lieu, ou un service, mais ce sont les besoins des communautés paroissiales et la mission qui commandent. Il nous faut donc résolument et sincèrement nous mettre à l’écoute de ce qui se vit sur le territoire des paroisses, comprendre comment elles ont été constituées, ce qui fait la vie des personnes qui y sont présentes. A Saint Nazaire, comme dans les autres paroisses, la vie sociale et économique donne un visage particulier à nos communautés. Ville portuaire, industrielle, avec de nombreux services, Saint Nazaire a une vie associative forte, et de nombreux chrétiens sont impliqués dans ces lieux et groupes. Quand nous abordons ces réalités avec les autres responsables religieux, nous voyons bien cette implication des chrétiens et dans les associations qu’elles soient catholiques, œcuméniques ou non. Le Parvis est dans ce contexte un beau lieu de dialogue.

Auprès d’une communauté de foi

Prêtres, nous sommes envoyés auprès d’une communauté paroissiale dont les membres vivent de manières différentes les événements de notre société. Nous avons vécu et vivons des moments difficiles, dans notre société, comme cette pandémie, ou les révélations sur les abus dans l’Église. Mais ce sont des moments où, si nous accueillons vraiment l’Esprit de Dieu, Il nous travaille et nous invite à de vraies conversions. Il nous faut sans cesse discerner ce qui se vit et comment notre foi peut nous y aider. Ce travail de discernement est bien enraciné dans la paroisse. Je ne prends que l’exemple du mouvement « chemin d’espoir » qui est né ici sur notre paroisse en réponse à un besoin d’accompagnement de personnes fragilisées. Ce mouvement a ensuite essaimé à travers la France.  C’est ce même travail de discernement qui se vit dans tout ce qui fait notre foi. Nous avons la chance d’avoir de nombreux services et mouvements et chacun apporte sa contribution à la vie de l’Eglise qui est à Saint Nazaire et permet aux uns et autres d’être accueilli, accompagné, soutenu dans sa vie. J’y vois une foi qui se vit concrètement, est nourrie et célèbre Dieu.

C’est la grâce, dans ce peuple en croissance, d’accueillir, d’accompagner de nombreux catéchumènes, jeunes ou adultes, mais aussi tous ceux qui viennent frapper à la porte pour demander un sacrement ou un service à l’Église. C’est toute la paroisse qui accueille, et nous essayons les uns et les autres de le faire. Je vous l’ai dit: le  visage de l’Église est celui que nous voyons rassemblé chaque dimanche, dans sa diversité, d’âges, de situations. Les personnes qui viennent occasionnellement sur la paroisse découvrent cette diversité. Un des défis qui nous reste vraiment, c’est de s’essayer à ce que chacun puisse reconnaître les dons de l’autre. C’est encore et toujours accueillir dans la foi l’aujourd’hui de Dieu.

La grâce du ministère de prêtre diocésain.

Je peux dire qu’ ici ma vocation de prêtre diocésain s’est confirmée : être avec un peuple que je n’ai pas choisi et donc que je reçois comme peuple de Dieu.  C’est-à-dire attaché à reconnaître l’action de l’Esprit de Dieu ici, au cœur de la vie des personnes avec lesquelles je vis. Une phrase du concile Vatican II m’a toujours guidé, encore plus fortement ces derniers temps: « Les pasteurs… savent qu’ils n’ont pas été eux-mêmes institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l’ensemble de la mission salutaire de l’Église à l’égard du monde, leur tâche magnifique consistant à comprendre leur mission de pasteurs à l’égard des fidèles et à reconnaître les services et les charismes propres à ceux-ci, de telle sorte que tout le monde à sa façon et dans l’unité apporte son concours à l’œuvre commune. » (Constitution sur l’Église, n°30).  Être prêtre diocésain, c’est alors se mettre au service du peuple que Dieu s’est lui-même choisi. Nous ne nous choisissions pas les uns les autres, il nous faut nous accueillir dans la foi. C’est pour cela que les changements de prêtres peuvent être parfois difficiles. Mais si nous pensons que c’est l’Esprit du seigneur qui nous précède dans ces rencontres, le ministère de prêtre diocésain est prophétique. Il ne peut s’appuyer que sur la foi de l’Eglise en Dieu qui agit dans le cœur des personnes qu’il rencontre et il annonce que le Seigneur est bien présent à tout ce qui fait notre vie. Et c’est ce que j’ai eu la grâce de vivre avec vous et c’est ce dont j’ai essayé de témoigner auprès de mes jeunes confrères et séminaristes. Au passage, cet accompagnement fut pour moi une nouveauté très forte.

Quand on revient sur ce qu’est sa vie, on s’aperçoit que tout ce que l’on vit, ce ne sont finalement pas des choses faites, mais bien des rencontres de personnes.

Je ne pourrai malheureusement pas saluer tout le monde, mais je vous remercie de tout ce que j’ai reçu de vous. A chacun ma gratitude et mon action de grâces envers le Seigneur

Michel Leroy, curé

 

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