Les Orgues Chantent à Donges

L’Orgue Gulliver

Jonathan Swift avait fait de son personnage Gulliver un aventurier qui, toujours trop grand ou trop petit dans les contrées qu’il traversait, réussissait par son habileté à s’y trouver finalement à son aise. Tel se présente également l’orgue mobile « Gulliver », instrument voyageur en quête de nouvelles formes de concerts et de spectacles, de nouveaux répertoires, de nouveaux publics.

L’utilisation de techniques innovantes a permis d’en dissocier les éléments et d’en réduire les dimensions afin de le rendre transportable, aisément disposable sur des scènes de configurations variées et en contact visuel et acoustique direct avec l’assistance.

Si le son provient bien des tuyaux d’un orgue authentique tel que nous l’ont légué des siècles d’artisanat d’art, leur souffle vivant gagne par cette nouvelle proximité une pureté et une franchise qui en renforcent la puissance émotive et permettront à l’orgue de dialoguer désormais plus familièrement avec d’autres ensembles musicaux, toutes barrières stylistiques rompues.

Les mécanismes internes, en revanche, ont cédé la place à une transmission informatisée. Le logiciel, compatible avec la norme MIDI, ouvre aux musiciens une fluidité et une variété dans l’emploi des timbres qui vont bien au-delà des usages auxquels les avaient habitués depuis des générations la pratique des instruments traditionnels de nos églises.

À l’auditeur qui découvre cet orgue à taille humaine, dont les vingt modules se présentent sur scène comme autant de personnages d’un dialogue théâtral, se dévoile, outre la console, tout une mécanique jusqu’alors inconnue, une multitude de tuyaux de bois ou de métal de toutes dimensions et formes, horizontaux ou verticaux…

La chorégraphie immobile du jeu de l’organiste et le dialogue des sonorités sur les différents claviers, la spatialisation scénique du son, tout ceci est bien de nature à susciter une nouvelle perception de l’orgue par le public – et peut-être aussi par les musiciens eux- mêmes.

Programme

JOHANN SEBASTIAN BACH : Prélude et triple fugue
CÉSAR FRANCK : Troisième Choral
MAURICE DURUFLÉ : Prélude et Fugue sur le nom d’Alain
HENRI-FRANCK BEAUPÉRIN : Improvisation

 

L’interprète

Un des derniers disciples de Gaston Litaize,

Henri-Franck BEAUPERIN

a étudié auprès de Michel Chapuis, Olivier Latry, Michel Bouvard, Loïc Mallié et Jean- Claude Raynaud au conservatoire de Paris, et complété sa formation auprès de Jean Boyer, Louis Robilliard, Thierry Escaich, Ton Koopman et Jean Guillou.

Lauréat des concours internationaux de Tokyo et Lahti, Prix d’Improvisation au concours Franz Liszt de Budapest, il reçoit en 1995, à l’unanimité du jury, le Grand Prix d’interprétation du premier Concours International de la Ville de Paris. En 2001, il est lauréat de la Fondation de France.

Concertiste et improvisateur invité des principaux festivals d’Europe, ainsi qu’au Canada et au Japon, il a créé des œuvres de Richard Dubugnon, Thierry Escaich, Jean Guillou, Guillaume Le Dréau, Jean-Baptiste

Robin, Grégoire Rolland, Antoine Tisné… et participe volontiers à des spectacles présentant l’orgue sous un jour original: spectacles chorégraphiques, ciné-concerts…

Titulaire émérite des grandes orgues de la cathédrale d’Angers, il est à l’origine de l’Académie d’Improvisation à l’Orgue des Pays de la Loire, du Concours International de Musique Ancienne en Val de Loire, de la fédération Orgue en Pays de la Loire.

Organiste de l’abbaye de Sylvanès, il y est investi dans la programmation artistique du Festival et du Centre Culturel européen de Rencontre : concerts, créations, classes de maître, Rencontres de l’Orgue Aujourd’hui…

Il a publié l’œuvre pour orgue de Raphaël Fumet et réalisé de nombreuses transcriptions dont “Prélude, Choral et Fugue” de César Franck ou “L’Anneau de Salomon” de Jean-Louis Florentz, qui ont fait l’objet de plusieurs enregistrements discographiques. Sa chaîne YouTube présente de nombreuses captations réalisées à Angers, à Sylvanès ou lors de concerts.

Vivement intéressé par la facture d’orgues et son devenir, il est le concepteur de “Gulliver”, orgue modulaire assisté par ordinateur. Cet instrument, véritable orgue à tuyaux transportable en tous lieux et accessible au plus proche du public, préfigure de nouvelles formes de concerts et une approche musicale novatrice.

L’affichE

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