Bienheureux martyrs d’Algérie

Bienheureux martyrs d’Algérie : Prière

Seigneur Dieu, Père de Miséricorde,

nous te rendons grâce pour le don de leur vie de nos frères et sœurs Bienheureux de l’Eglise d’Algérie : ton évêque Pierre, Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther,

Jean, Charles, Alain et Christian ; Angèle-Marie et Bibiane ; Odette ;

Christian, Luc, Christophe, Michel, Paul, Bruno et Célestin.

A l’image de ton Fils, ils ont donné leur vie pour leurs frères et sœurs. Tu leur as inspiré
de demeurer dans la fidélité et l’amitié à leur Église et au peuple d’Algérie. Nous reconnaissons, dans le don de leur vie, l’œuvre de ta grâce et de ton Esprit Saint, qui les a conduits
au témoignage suprême. Nous t’invoquons, Père, pour qu’à la prière de ces Bienheureux la paix et l’amitié l’emportent sur les forces de division et de haine. Amen.

 

Imprimatur, 8 septembre 2018, Mgr Desfarges, archevêque d’Alger

 

NOËL avec les bienheureux martyrs d’Algérie

« Nous devons trouver dans l’incarnation les vraies raisons de notre présence pascale en Algérie. Pâques commence dès la participation de Dieu à la finitude de l’homme. Tout est pascal dans la vie du Fils. Nous devons avoir une vision large du mystère pascal. Mort et résurrection font partie du mystère de l’incarnation qui consiste à prendre l’humanité pour l’introduire dans la gloire de Dieu. Il nous faut trouver dans le mystère de l’incarnation les vraies raisons de notre présence. Dans la Pâque du Christ, la rédemption est le motif, mais l’incarnation le mode.

Après la première visite au monastère d’un groupe armé à Noël 1993, nous avons célébré la messe de minuit. Il nous fallait accueillir cet enfant sans défense et déjà menacé. A travers ces événements, nous nous sommes sentis invités à « naître ». La vie d’un homme va de naissance en naissance. Jean, l’évangéliste de l’incarnation – « et le Verbe s’est fait chair »-, était le seul disciple présent au pied  de la croix. Il nous présente toute la vie du Christ comme un mystère d’incarnation. Dans notre vie, il y a toujours un enfant à mettre au monde – l’enfant de Dieu que nous sommes. « Il faut renaître », a t’il dit à Nicodème.

Cette naissance nous est proposée dans l’Eglise. L’Eglise, c’est l’incarnation continuée. Elle n’a que nous, ici, pour continuer l’incarnation. Pour le meilleur et pour le pire….

Comment vivre ce mystère de l’incarnation ? Saint François de Sales répondait : ‘il faut tout recevoir d’humeur égale. »  L’incarnation nous rejoint partout…Pour cela il faut durer dans la patience, participer dans la patience aux souffrances du Christ, sans enjamber sur l’avenir qui n’appartient qu’à Dieu….Dès que nous pensons l’avenir, nous le pensons comme le passé. Nous n’avons pas l’imagination de Dieu. Demain sera autre chose et nous ne pouvons pas l’imaginer. Cela s’appelle « la pauvreté. « Mon Dieu, je suis totalement pourvu de ce lien que tu veux me donner. » L’avenir appartient à Dieu qui, de toute façon, veut nous combler…

Nous avons à être témoins de l’Emmanuel, c’est-à-dire du « Dieu-avec ». Il y a une présence du « Dieu parmi les hommes » que nous devons assumer, nous. Cette dans cette perspective que nous comprenons notre vocation à être une présence fraternelle d’hommes et de femmes qui partagent la vie de musulmans, d’Algériens, dans la prière, le silence et l’amitié… « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. »

Bienheureux Christian de Chergé, 8 mars 1996 (2 mois avant sa mort, le 21 mai 1996)
Sept vies pour Dieu et l’Algérie, p. 205

 

 

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